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1) Etapes artistiques : entre nature, introspection et écriture. 

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Après des études artistiques à Bruxelles, et marquée par un professeur, Pierre Carlier, dont les analyses étaient pertinentes et l'oeil aiguisé, j'ai commencé mon parcours créatif personnel. Il a débuté par des toiles représentant des arbres solitaires, peints trait par trait sur fond blanc, dans un style instinctif qualifié de « nouvel impressionnisme » par un critique d'art. J’ai ensuite brièvement exploré le collage d’écritures puis, vers 1995, j’ai peint les sols des forêts bruxelloises ou des troncs d'arbres morts et vides en projetant mes diapositives sur toile pour mieux comprendre et recréer la nature. Plus tard, j’ai utilisé du bois récupéré et divers matériaux pour fabriquer des sculptures bidimensionnelles, explorant formes et textures que je griffais et trouais la plupart du temps.

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Entre 2005 et 2010, mes dessins à l’encre et au crayon se sont orientés vers des paysages imaginaires, affirmant mon style par la griffe et l’écriture. Suivre des cours à l'académie de Braine-l’Alleud a enrichi ma réflexion artistique. Ma démarche tend vers l’essence, alimentée par la nature, la méditation et l’exploration de supports comme le papier translucide, qui m’a ouvert à de nouveaux formats et motifs.

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Dès 2014, j'ai travaillé le statut de l’animal en lien avec la souffrance ou la mort à travers la gravure et la photographie. L’eau-forte m'a permis d’aborder différents sujets, chaque tirage étant presque unique. Aujourd’hui et depuis une dizaine d'années, je travaille l’encre et le crayon sur différents supports, avec pour fil conducteur l’écriture abstraite ou le clin d'oeil à l'animal, parfois le végétal et la recherche d’une connexion universelle. Créer demeure un défi exigeant mais source de paix intérieure, que j’espère transmettre au public.

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2) Etapes de vie. A la recherche de l'inaccessible : quête de sens et de soi.

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Nombreux sont ceux qui m’interrogent sur les raisons qui me poussent à rechercher l’Inaccessible, la Conscience Mère ou le Moi profond. Pour moi, cette quête apparaît comme une évidence, presque instinctive, et je la ressens comme le but ultime de tout être humain sur terre, qu’il en ait conscience ou non. Il est cependant vrai que ce cheminement intérieur se manifeste plus intensément en période de souffrance, de vide ou d’absence.

Je me suis souvent demandé s’il existait un lien entre cette recherche et mon histoire personnelle. Peut-être que l’absence affective d’un père, homme sensible et original, mais dont la présence physique s’accompagnait d’une autorité rigide et d’une intolérance marquée dès mon adolescence, a joué un rôle. Lui-même cherchait à occuper la place qui lui avait été refusée dans sa propre famille.

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​Le départ soudain du Sud de la France pour la Belgique, sans au revoir m’a profondément marqué. Cela avait déjà signifié la ruine pour mes parents et la mort d’une petite sœur. J’avais  dix ans et j’étais  rejetée par la famille paternelle que je découvrais. Je me retrouvais triste et sans repères. Dans cette position inconfortable, lorsque j’ai commencé à peindre, j’allais jusqu’à réduire ma signature à seulement 4 lettres.

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Après une période de rallyes dansants avec la noblesse provinciale, le moment est venu pour moi de vivre ma propre vie. J’ai alors découvert le monde, ponctuant le chômage par quelques petits boulots ingrats, une carrière de prof à l'académie et dans des quartiers sensibles. Ce parcours m'a permis de rencontrer des personnes venant de tous horizons. J’ai fréquenté et même aimé des individus que je n’aurais jamais imaginé côtoyer : des Gitans, sans-abri, ouvriers, grand bandit devenu écrivain, chanteur kabyle, magicien, bûcheron. Si ces rencontres surprenantes, exceptionnellement dramatiques,  furent souvent incompatibles avec mes attentes, mon éducation ou mes propres codes,  elles m’ont enrichie et fait grandir.

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Néanmoins, une certaine ambivalence demeure en moi, liée à une position inconfortable : celle d’appartenir à un milieu dont je ne partage pas réellement le mode de vie. Ce sentiment d’être à la fois intégrée et extérieure me poursuit, creusant un écart entre ce que je suis et ce que le contexte social attendrait de moi. Ainsi, tout en bénéficiant de l’apport des autres, je conserve une forme de distance, comme une identité en suspens, tiraillée entre enrichissement et malaise.

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J’ai ainsi traversé plus de trente ans seule ou avec mon fils, marqués par des épreuves douloureuses : le suicide d’un frère et de sa fille, le décès de sa femme, la mort de ma mère l’année suivante, et des neveux métisses devenus orphelins. Le parcours humain est d’une complexité inouïe. Face à mon parcours de vie, la quête de l’Inaccessible, de la Conscience Mère, que j’assimile à la perfection et à l’origine du Tout, m’apparaît comme un objectif bien plus nourricier et apaisant que ce que l’on peut espérer trouver chez n’importe quel humain. C’est peut-être une raison à ajouter à une quête qui me semble innée et à la recherche d'une identité à travers mon travail artistique. 

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Mon histoire

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